Mai 44 à Marseille, par Marine Barral, Lycée A. Artaud

En mai 1944, le 27, un bombardement meurtrier a fait à Marseille près de 2000 morts. Nos parents, pour nous mettre en sécurité, mon frère et moi, nous ont amenés dans un petit village de Provence, près de Draguignan, à l’abri chez nos grands-parents. Quitter sa maison précipitamment à cause de la guerre provoque une boule au ventre, ça fait peur mais heureusement j’aimais beaucoup être chez mes grands-parents. Le 15 août 1944 a lieu le débarquement en Provence des armées de la libération. A vol d’oiseau, nous étions à environ 5km du lieu du débarquement ! Et toute la journée nous avons vu descendre sous leur belle calotte blanche […]

Le dernier repas

Le dernier repas

Ce troisième parcours débute par un récit poignant de Gadi Golan. Depuis Tel Aviv, il est probablement la dernière personne au monde qui puisse raconter l’histoire de ce petit sculpteur sur bois polonais durant la Seconde Guerre mondiale. Une histoire vraie, qui lui avait été confiée par une vieille dame aujourd’hui décédée, et qui prend aujourd’hui tout son sens dans ce projet de collecte. Audio in French

L’aviatore che salutava la mamma

L’aviatore che salutava la mamma

Des innombrables fonctions maternelles, celle qui consiste à laver le linge de son rejeton n’en finit pas d’alimenter les légendes familiales. Parfois, les fils sont prêts à tout pour attirer l’attention de leur « mamma ». Audio in Italian and text in French

Madame Odette Fouilhé, 100 bougies, par Lisa, Lycée A. Artaud

Madame Odette Fouilhé avait 32 ans ce triste jour d’hiver 1944. Elle travaillait depuis 10 ans dans son salon de coiffure de son petit village de Lamalou les bains dans l’Hérault lorsque les allemands réquisitionnèrent certains hôtels et maisons du bourg. « Ils  n’étaient pas méchants mais je ne voulais avoir aucun contact avec eux » disait-elle lorsqu’elle évoquait cette époque lointaine. Pourtant, un après midi de janvier, deux d’entre-eux sont entrés dans le salon. Mme Fouilhé leur a demandé de sortir en précisant que « jamais aucun allemand ne serait coiffé dans son salon ». Le lendemain, elle fut arrêtée et enfermée durant plusieurs jours. Lorsqu’elle fut libérée, elle […]

Mon père

Evelyne Oren – Texte / Text Histoire écrite en français / Story written in French je suis nee en 1959 a Paris, fille unique. Sans grand-meres ni grand-peres, sans oncles ni tantes, et par consequent sans cousins ni cousines du premier degre. Ma mere dont la famille a ete disseminee sous les bombardements allemands alors qu’ils fuyaient Paris en 1940, etait restee orpheline a 13 ans. La concierge de son immeuble l’a aidee a recevoir une nouvelle identite qui la protegea jusqu’a la fin de la guerre. Jusqu’a son dernier jour elle a pleure sa mere, sa grand-mere, son petit frère, ainsi que l’oncle et son fils morts avec eux. […]

Réalité d’hier et d’aujourd’hui

La faim durant l’occupation était insupportable. Les gens mouraient de faim chaque jour. Partout où vous regardiez, il y avait des gens épuisés, maigres, cherchant dans les poubelles pour trouver quelque chose à manger. Parmi eux, une mère, veuve qui avait neuf enfants, essayait de subvenir elle-même à leurs besoins. Un jour, la chance lui a souri. Quelques soldats allemands l’ont attrapée de force et l’ont emmenée à leur camp pour éplucher des pommes de terre. Malgré qu’il ne lui était pas permis de manger, elle a imaginé quelque chose de très intelligent. D’une manière astucieuse, en nettoyant les pommes de terre, elle laissait plus de pelures qu’il ne fallait. […]

David, mon premier amour

Montpellier, juillet 1942 Je viens d’avoir 5 ans. Mes sœurs sont des jeunes filles et je n’ai personne pour partager mes jeux. Derrière la villa, un grand jardin, presque un parc, clos par une lourde porte de fer qu’il ne faut pas ouvrir. Des fleurs, des plantes, des allées bordent des étendues de gazon avec au centre d’un massif la statue d’un ange joufflu serrant dans sa main une grappe de raisins. Le jardin est mon domaine. Mes poupées couchées dans leur berceau, la dinette avec ses assiettes remplies de feuilles hachées voisinent avec le fauteuil de rotin d’où je surveille mon petit monde. Le vélo rouge posé contre le […]

Deux jours de chance

Maurice Jalinat était né en 1921 à Paris et vivait à Rouen. En 1939 éclata la Seconde Guerre mondiale dans toute l’Europe et le 22 juin 1940 commença l’occupation de la France par l’Allemagne nazie sous le gouvernement de Vichy. Maurice venait de fêter son dix neuvième anniversaire et n’avait alors pas été enrôlé dans l’armée française à cause de son jeune âge. Dès 1942, les allemands mirent en place le Service du travail obligatoire (STO) : des travailleurs français étaient réquisitionnés et envoyés contre leur gré en Allemagne afin de participer à l’effort de guerre allemand. Maurice ne fit pas exception et fut pris vers janvier 1943. Il avait […]