Les deux amies

Hélène faisait partie d’un de ces groupes de pieds-noirs qui, à partir de 2004, revenaient voir la ville qui les as vus naître, la maison où ils ont vécu, le quartier de leur jeunesse. Dès que je l’ai vue descendre de l’avion, avec sa démarche hésitante, j’ai eu le pressentiment que je n’allais pas sortir indemne de cette rencontre. Sylvie et elle, septuagénaires toutes les deux, étaient les doyennes du groupe. Mais autant la première était énergique, autant Hélène marchait avec difficulté, le haut du corps penché sur le côté. Autour de notre premier déjeuner dans un self-service d’Oran (je partageais la même table qu’elle), elle m’explique : «Un soir, […]