Voyante à la campagne

Voyante à la campagne

A priori, assumer le fait d’être travesti dans un village n’est pas chose facile, en Algérie comme ailleurs. Oui, mais voilà, quand l’argent s’en mêle et qu’on soigne les apparences, tout devient acceptable, même aux yeux des conservateurs. Text in French

Frustration

je vais mal je suis mal dans ma peau je sens que je souffre sans avoir mal sans ressentir quoi que ce soir sur la surface de ma peau tout est à l’intérieur j’ai une flamme inextinguible qui brule en moi et qui me consume je n’est plus goût à rien je veux juste mourir. une histoire. voici une histoire de fin on a pas toujours d’information sur les personnes qui se suicident avant leurs décision de ne plus vouloir souffrir de disparaitre de ne plus ressentir le mal qui les déchirent. ma vie a été marqué par deux où trois incident majeur et qui sont une succession de mauvaises […]

Retour de vacances

Mon avion est arrivé tard à Oran et je suis pressé de rentrer chez moi. Tout se passe bien à la douane, mis à part le petit retard causé par un album de Frank Zappa « Sheik Yerbouti » ! La pochette représente Zappa enturbanné… Le gabelou le retourne dans tous les sens et me demande s’il y a des chansons politiques dedans… Il me demande de lui traduire les titres des chansons et veut savoir si Zappa est Arabe. Je lui réponds par la négative et il me dit : – Ah ! Tu vois, c’est donc un ennemi des Arabes, il se fout de nous ! L’un de […]

Moufik

Lorsque nous nous retrouvâmes enfin seules, réunies autour d’une table, dans un silence le plus absolu, ma tante me raconta une histoire. C’est l’histoire d’un mendiant – me dit-elle – qu’elle croisait fréquemment dans un coin bien précis d’Oran, la rue Ben Mhidi, à mi-chemin des arcades. C’était il y a 18 ans de cela, en 1994. Cet homme ne changeait ni de place, ni d’humeur. Il se faisait appeler « Amou Moufik », qui signifie tonton Moufik en français. Amou Moufik restait toujours la tête baissée avec un petit air triste. Ma tante ajouta, que ce n’était pas une personne très bavarde mais il essayait continuellement de montrer sa gentillesse extrême. […]

Les deux amies

Hélène faisait partie d’un de ces groupes de pieds-noirs qui, à partir de 2004, revenaient voir la ville qui les as vus naître, la maison où ils ont vécu, le quartier de leur jeunesse. Dès que je l’ai vue descendre de l’avion, avec sa démarche hésitante, j’ai eu le pressentiment que je n’allais pas sortir indemne de cette rencontre. Sylvie et elle, septuagénaires toutes les deux, étaient les doyennes du groupe. Mais autant la première était énergique, autant Hélène marchait avec difficulté, le haut du corps penché sur le côté. Autour de notre premier déjeuner dans un self-service d’Oran (je partageais la même table qu’elle), elle m’explique : «Un soir, […]