Une histoire à coucher dehors

Pathos. Encore un récit qui va faire dans le pathos. Certes, le sujet est poncif et sous un certain angle que je renie pas miséricordieux. Miséricorde pourtant sincère et profondément voire organiquement ressentie. C’est donc avec ce qui me reste de vivant et d’humain au fond du ventre que je vous livre ma rencontre avec ce petit garçon dont le nom m’est encore étranger. Aix-en-Provence, la belle bourgeoise, élégante, distinguée, aux allures nobles et enlevées. A Aix, on se sent en sécurité. On le sait et on ne peut que le constater, les marginaux n’y sont pas les bienvenus, les sans abris non plus et les communautés tziganes roumaines n’en […]

Moufik

Lorsque nous nous retrouvâmes enfin seules, réunies autour d’une table, dans un silence le plus absolu, ma tante me raconta une histoire. C’est l’histoire d’un mendiant – me dit-elle – qu’elle croisait fréquemment dans un coin bien précis d’Oran, la rue Ben Mhidi, à mi-chemin des arcades. C’était il y a 18 ans de cela, en 1994. Cet homme ne changeait ni de place, ni d’humeur. Il se faisait appeler « Amou Moufik », qui signifie tonton Moufik en français. Amou Moufik restait toujours la tête baissée avec un petit air triste. Ma tante ajouta, que ce n’était pas une personne très bavarde mais il essayait continuellement de montrer sa gentillesse extrême. […]