Appendicite et cigarettes (texte)

Ouaaakha ça s’est passé en Roumanie, en 1979, me dit Liviu, mon prof de danse à Casa. J’ai 14 ans et je suis en internat pour étudier le ballet. A ce moment-là, on commence à être un peu plus masculins, à faire des bêtises, à regarder les filles… On commence à fumer ! Pour les impressionner. On va à la pharmacie et on achète des cigarettes médicinales, même pas des vraies ! On prend une boîte de 50, pas une boîte de 20, comme on est plusieurs, et on partage, ça fait chacun deux cigarettes. Dès qu’on les a, on se met à fumer dans la rue, comme on est […]

Rescapé de la villa Susini

Mon arrière grand-père : Mohamed Tahar Tedjini était politicien : il menait des actions contre la colonisation de l’Algérie, par exemple, il formait des scouts : les scouts musulmans. Un jour, alors qu’il était en voyage à Constantine, un homme tapa à la porte. Mon arrière grand-mère : Baya Tedjini qui, elle et ses enfants étaient resté à Alger, lui ouvrit : – Bonsoir, désolé de vous déranger à cette heure tardive. M.Tedjini habite bien ici ? – Oui, mais il est en voyage en ce moment. Pourquoi ? – Hum, et il rentre quand ? – Je ne sais pas monsieur. Je vous prie de m’excuser, mes enfants attendent que je leur donne à diner. – Bonsoir […]

Enfant adulte

Le souvenir de ma naïveté d’enfant me pousse à partager avec vous une petite anecdote, marquée dans ma mémoire au fer rouge. Je fis preuve de courage et de responsabilité à 8 ans. Depuis toujours, mon cher papa a pris l’habitude de séparer sa petite monnaie de son porte feuille. Cette petite pochette de cuir noir restera merveilleusement gravée dans mes souvenirs d’enfance. J’allais souvent y piocher dix francs pour m’acheter des bonbons dans l’unique boulangerie de mon village ou mieux, savourer mon péché mignon de l’époque (qui n’a pas changé depuis) un gourmand éclair au chocolat. Etant de nature fouineuse, je prenais un plaisir certain vers l’âge de 8- […]

Deux jours de chance

Maurice Jalinat était né en 1921 à Paris et vivait à Rouen. En 1939 éclata la Seconde Guerre mondiale dans toute l’Europe et le 22 juin 1940 commença l’occupation de la France par l’Allemagne nazie sous le gouvernement de Vichy. Maurice venait de fêter son dix neuvième anniversaire et n’avait alors pas été enrôlé dans l’armée française à cause de son jeune âge. Dès 1942, les allemands mirent en place le Service du travail obligatoire (STO) : des travailleurs français étaient réquisitionnés et envoyés contre leur gré en Allemagne afin de participer à l’effort de guerre allemand. Maurice ne fit pas exception et fut pris vers janvier 1943. Il avait […]

Amours clandestines

 » (…) Ariane, la vive, la tournoyante, l’ensoleillée, la géniale aux télégrammes de cent mots d’amour, tant de télégrammes pour que l’aimé en voyage sût dans une heure, sût vite combien l’aimante aimée l’aimait sans cesse, et une heure après l’envoi elle lisait le brouillon du télégramme en même temps que lui, pour être avec lui, et aussi pour savourer le bonheur de l’aimé, l’admiration de l’aimé.  » A. Cohen – Belle du seigneur Avoir un jour treize ans à Tripoli. Fin des années soixante-dix. Antichambres d’adolescentes. Verrouillées. Cloîtrées. Jeunes femmes en devenir. Surprotégées. Papillons cachés derrière des volets clos. Il fait très chaud en ce mois d’Août tripolitain. Ecrasée […]

Un enquêteur de 10 ans

C’était en octobre 2008, je me baladais avec mes amis dans les rues voisines de mon quartier. J’étais accompagné de 3 garçons et de mon chien. Nous passâmes par un pont flanqué d’un escalier de béton abimé. Soudain, un de mes amis (nommé Adam) se fige et observe le bas de l’escalier, d’un air curieux, et intéressé. Quand tout à coups, il s’élance vers nous, qui étions déjà loin devant, et nous dit : « VENEZ ! VENEZ ! IL Y A UN TRUC BIZARRE QUI CE PASSE EN BAS DES ESCALIERS !!!! » Nous nous sommes alors précipités vers l’endroit où il nous a conduits, mais nous ne vîmes […]

Le diable en Lozère

À dix ans, j’habitais Versailles. Mon père était militaire, ma mère institutrice. Nous étions en 1956- 57. Depuis le temps que je voulais aller en Lozère, chez mes grands-parents, que je ne connaissais pas. Mais 650 kilomètres avec une Prima 4… Pourtant, cette fois, mes parents se sont décidés et on a débarqué pour la première fois dans le village de Badaroux, 700 habitants, à 5 kilomètres de Mendes. Pas de confort : pas l’eau courante, tout juste l’électricité. Chose curieuse, ma mère, qui n’avait pas vu ses parents depuis quinze ans, s’est de suite remise à vivre comme une vraie Lozérienne de l’époque. On passait à table, les hommes […]