Au Père Lachaise

De par l’histoire de ma famille, je n’avais pas connu mes grands-parents. Je n’avais donc pas vraiment de manque. Quoi que j’aime beaucoup les vieilles personnes, mais elles ne font pas partie de ma famille, voilà tout. Un jour quand j’avais 15 ans, comme une révélation, un fantôme qui se laisse enfin voir, j’ai réalisé la présence de ma grand-mère tout près de moi. Je veux dire que j’habitais à Paris, et ma grand-mère était (et est toujours) au columbarium du Père Lachaise. Quoi de plus facile que d’aller la voir ? On m’avait parlé d’elle. De la famille des héroïnes. Une belle personne, très forte, qui avait trouvé la […]

Pour faire une thèse sur San Antonio

Ma modeste personne a eu un jour l’idée saugrenue de faire une thèse de doctorat. Pour ce faire, je m’adresse à l’incontournable faculté des lettres d’Alexandrie. Je choisis mon sujet : ce sera le merveilleux San Antonio. Voilà-t-il pas que ladite faculté me mande d’aller voir si quelque autre génie n’a pas eu la même idée aux facultés du Caire, d’El Azhar (garçons et filles s.v.p., Dieu nous préserve de la mixité, un bébé ça arrive tellement vite). Point de fichier des thèses à consulter, point de moyen de communication moderne, point de courrier…il faut que je me déplace. Et c’est ici que l’aventure commence. Arrivée dans la poussiéreuse, bruyante […]

Sfax, ville morte

Il y a encore quelques semaines j’ignorais jusqu’à l’existence de la ville de Sfax où je devais rendre visite à un ami tunisois, volontaire associatif qui travaille depuis la révolution sur un projet de formation citoyenne et de préparation aux élections d’octobre 2012, premières élections démocratiques organisées dans le monde arabe! J’étais ravi de le rejoindre mais son invitation était marquée d’une certaine gêne, un peu comme s’il évoquait un secret de famille délicat. Il a même vaguement dit qu’il ne voulait pas « gâcher» mes vacances… Je ne comprenais pas, la Tunisie n’avait été jusque là qu’une suite de bonnes surprises et de rencontres agréables. Et pourtant je sentais […]

histoire d’un nouveau prolétaire

Je vous livre là une histoire vraie, sans aucune imagination. Une histoire que quelques milliers de tunisiens vit chaque jour. C’est mon histoire dans un centre d’appel. Quelques quatre cents positions, regroupées dans des « rosasses » et partagées entre deux étages. Deux étages différents dans les couleurs et l’ambiance. En face de ces deux étages se situe l’emplacement des créatures administratives. Dans chaque étage vous trouvez une hiérarchie « oxymorique ». Une hiérarchie dans laquelle les inaptes figurent en tête de la liste. Je m’intéresse au premier étage, là où j’ai passé presque 3 ans de mon existence à pâtir des sottises absurde. L’être humain, définit par Aristote comme « animal social et raisonnable » […]