La classe 44 Service civil et Formation militaire

Pour cette classe d’âge, avoir vingt ans en 1944, ou nous étions encore en guerre, elle à été une année de transition radicale. Les huit premier mois étant sous le régime de l’état Fran«ais, donc au service des occupants Allemands, avec les réquisitions en tout genre, m me les jeunes hommes, pour assurer des travaux en vue d’éviter le débarquement sur nos Côtes Atlantiques. Notre frère Olivier (1924-2005) à été de ceux-là, participant ainsi à ce que nous appelons aujourd’hui le Service Civil. Puis en fin d’année, sitôt les allemands partis nous sommes passé sous le régime du Gouvernement Provisoire du Général De Gaulle, avec mission de réorganiser la France, période […]

Le bouvier « le bouae » de la famille

Notre frère aîné Marcel, né en 1922, qui nous a quittés en 2008, est né avec la passion pour les animaux. Dès 1937, à quatorze-quinze ans Marcel,  » le touchàe lés beïs  » il conduisait les bœufs, son travail était surtout le dressage et la conduite des bœufs. C’était l’homme de la charrue, avec deux boeufs parfois quatre, faisant les labours avec le brabant,  » le vorsour  »  » la crételeuse  » la herse, pour casser les mottes de terre et le rouleau, pour affiner et tasser les graines éventuelles en surface. Il prenait un grand soin du bétail et plus particulièrement de ses bœufs. M me encore plus pendant les […]

Le repas chez le curé n’exclut pas la crise de foie

Ça s’est passé dans les années 60, par un dimanche de printemps ou d’hiver, ma mémoire n’a pas retenue ce détail. C’est le temps pas toujours confortable de la décapotable du prolo, la 2CV ! En particulier pour le 5ème passager. D’office la place arrière du milieu, sur la barre, lui est attribuée. Évidemment comme je suis la plus jeune, c’est tout naturellement que j’ai pu apprécier plus souvent qu’à mon tour la froideur, la dureté de cette barre de métal sur mon popotin. A l’avant dans la 2 CV, Joseph et Marie nous conduisent, les frangins m’encadrent sur le siège arrière, Alain l’ainé et Francis le cadet, toujours prêts […]

Rébellion du diablotin

Dans les années 50, la Vendée demeurait un département où l’église catholique s’imposait fermement. L’emblème des deux cœurs enlacés prenait alors toute sa signification… L’école Publique, donc laïque, était baptisée  » L’école du diable  » ! Pensez donc !! La ville de Challans, encore à l’état embryonnaire, comptait environ cinq mille habitants. La laïcité était toute relative puisque nos parents, ouvriers ou petits commerçants, n’osant pas trop se démarquer, trouvaient convenable que nous fassions notre communion solennelle. De ce fait, nous devions, chaque dimanche, assister à la grand’messe ! Cependant, les  » diablotins  » étaient un peu à l’écart,  » parqués  » sur un léger promontoire entouré d’une balustrade en […]

Le grand secret

C’est un lointain souvenir d’enfance, enfoui désormais sous plus d’un demi-siècle de vie. Mais ce souvenir ne me lâche pas. J’ai donc décidé de l’écrire. C’était le temps où je ne disposais que de mes deux jambes pour me déplacer. Je n’avais pas commencé à utiliser la bicyclette. A cette époque, dans nos campagnes, nous ne connaissions pas le petit tricycle dont les enfants se servent comme jouet mais qui les familiarise avec le maniement du guidon et leur permet assez rapidement de tenir l’équilibre sur une bicyclette. Très jeune, il fallait marcher et parfois même assez loin puisque dès le début de la scolarité, plus tardivement qu’aujourd’hui forcément, nous […]

Prendre un verre à la cave en Vendée

LE RITUEL DE LA CAVE EN VENDÉE : L.M. Chauvet n’a pas oublié ses racines au cœur du bocage où il est né. Professeur émérite à l’Institut Catholique de Paris, il enracinait sa recherche théologique sur la symbolique sacramentelle dans son expérience d’enfance et de jeunesse à Chavagnes en Paillers. Exemple, cette phrase que l’on entendait souvent entre hommes, à l’issue de n’importe quelle rencontre :  » Vous prendrez bien un verre à la cave ?  » Rien de plus ritualisé en effet que le verre de vin que l’on prenait à la cave, lieu de communication sociale entre hommes dans ce bocage vendéen, terre de vignobles où chaque agriculteur […]

Le sang du canard

Cette anecdote s’est déroulée dans les années 70. Notre cousin parisien Alex nous a fait la surprise d’une visite en Vendée. Comme il est prêtre, il se présente donc vêtu de sa soutane. Ma famille est un peu impressionnée. Alex est un cousin éloigné et sa famille, très collet monté, nous donne toujours à croire, de par leur attitude, que nous sommes des aborigènes mal dégrossis. Pour l’occasion, ma mère décide tout de même de cuire un canard, mais avant cela il faut le tuer et c’est mon père qui fait office de bourreau. Nul ne peut dire pourquoi, toujours est-il qu’Alex se propose pour tuer la bête. Mon père, […]

Un héros méconnu

J’habite La Roche-sur-Yon depuis longtemps et mes parents sont de Bordeaux ; ils ont fait b¬tir dans les années 80 une petite maison de vacances à la pointe de l’île d’Oléron, et pendant longtemps nous nous sommes retrouvés là-bas à mi-chemin entre Bordeaux et La Roche, mais mon père est décédé et ma mère a mis son point d’honneur à continuer à entretenir cette petite maison vouée à la location saisonnière en été. Ainsi, chaque printemps, il fallait aider ma mère à préparer la maison pour la location, repeindre les boiseries, laver les vitres, vérifier la plomberie, frotter tous azimuts, poncer, tondre, tailler, planter, arracher, etc… Là, il faut dire […]

Les yeux derrière

Je suis chez ma grand-mère. Le poids des couvertures épaisses, l’odeur du bois, la mémoire des lits à rouleaux : tant de chambres pour ma grand-mère qui vit seule, à côté de son atelier où elle peint, où s’amassent des cartes postales, des livres de photographies du désert, du Vietnam. Elle a choisi des scènes, elle les reproduit et les passe au pastel, à l’acrylique, à l’aquarelle… Souvent, m’a-t-elle avoué, elle peint la nuit (si insomnie), et ma grand-mère finit toujours une toile et elle est douée aussi pour la sculpture, la mosaïque et la restauration de meubles. J’aime bien l’imaginer qui peint la nuit. Mes parents sont-ils partis f ter […]

Une page qui se tourne

Quelle chance pour moi d’avoir emménagé dans cette petite maison du bord de mer de Saint-Hilaire-de-Riez. Le cri des mouettes, le sable et le vent, l’odeur du goémon, l’authenticité de la corniche… Aaaaaah !!!!! Mon bel Océan… que je retrouve, après trois années passées non loin des montagnes. Me voilà, la tête dans mes nombreux cartons, en me demandant encore ce que je pouvais bien faire avec autant de broutilles, de conneries, de fringues de toutes les matières et de toutes les couleurs, de souvenirs, une partie de vie qu’il m’est impossible de mettre loin. Je m’installe bien confortablement au fond de mon canap’, avec une bonne tisane et décide […]