Pour faire une thèse sur San Antonio

Ma modeste personne a eu un jour l’idée saugrenue de faire une thèse de doctorat. Pour ce faire, je m’adresse à l’incontournable faculté des lettres d’Alexandrie. Je choisis mon sujet : ce sera le merveilleux San Antonio. Voilà-t-il pas que ladite faculté me mande d’aller voir si quelque autre génie n’a pas eu la même idée aux facultés du Caire, d’El Azhar (garçons et filles s.v.p., Dieu nous préserve de la mixité, un bébé ça arrive tellement vite). Point de fichier des thèses à consulter, point de moyen de communication moderne, point de courrier…il faut que je me déplace. Et c’est ici que l’aventure commence. Arrivée dans la poussiéreuse, bruyante […]

Les sons du Caire

Le Caire, pour rester dans le tarte à la crème, et à défaut d’être original, me semble, comme certainement pas mal de monde, une ville tout autant fascinante au niveau visuel – ces balcons roses ou vert pomme au milieu de façades décrépies – qu’au niveau sonore. Voici quelques sons que je crois aujourd’hui, après deux semaines en métropole, gravés sur mon disque dur interne : La sonnerie des bonbonnes de gaz. Le marchand ambulant, à vélo ou en carriole, frappe le butane avec sa tige de métal, de manière répétée. Le carillon du réveil, ponctuel au cours des douze nuits passées à la Pension Roma, rue Mohamed Farid, en plein […]

Naguib Mahfouz, collecteur d’histoires vraies du Caire

Je finis juste Le passage des miracles, de la Trilogie du Caire, que les Égyptiens connaissent aussi et surtout à travers les adaptations cinématographiques. Lire un grand auteur qui nous parle de la ville où l’on séjourne fait dévier le regard et offre une nouvelle manière de voir les gens et leur décor. Je me promène en 2012, et étrangement, la grille de lecture des années 40 fonctionne, comme lire Balzac et se promener dans Paris est encore pertinent : Yasmine, que je viens de rencontrer, s’est mise à pleurer hier. Elle venait de retrouver une amie proche, qui étant dans le besoin et la nécessité de soutenir sa famille, s’est […]

Quando il deserto inghiotte

ROSSELLA URRU: QUANDO IL DESERTO INGHIOTTE Certi eventi non si capiscono mai fino in fondo finché non li si vive, ed anche allora, è incredibile come la loro percezione possa cambiare da persona a persona in base a tanti fattori, primo fra tutti la vicinanza (a persone, luoghi, cose..). Questo è esattamente una di quelle situazioni in cui tutti, normalmente, direbbero “Ma a me non potrebbe mai succedere.. è impossibile!” ed invece è successo. Non a me, ma mai come in quel giorno ho realizzato che può succedere. Era notte ma nell’Hammada a fine ottobre faceva ancora caldo e dormire sotto il suo cielo pieno di stelle è qualcosa di […]

Une superstition ou un hasard

Mon histoire s’est passée à un club de plongée sous marine situé au port d’Alger « club espadon », c’était un club assez restreint non accessible à tout le monde et c’est pour cette raison que la direction du club faisait, à l’occasion, des portes ouvertes sur cette activité, invité par un ami je me suis présenté au port d’Alger accompagner de mon ami quand soudain la baleinière du club s’est accosté devant nous, nous avons pris place et après une traversée de 10mn nous nous sommes rendus au club, et comme le hasard fait bien les choses une opération de baptême s’est organisée mon ami s’est rapproché de moi […]

Port-Saïd dans le Khamsîne

Ce matin Port-Saïd ressemble à un fantôme, au Tramway nommé désir d’Elia Kazan, avec son architecture coloniale de larges terrasses boisées que l’hygiénisme de la fin du XIXe, basé sur les courants d’air, les flux, la circulation des miasmes, avait déclarées indispensables à la bonne santé des exploitants du canal de Suez.   Aujourd’hui les balcons sont mités, la plupart des appartements occupés par des familles pauvres, bénéficiant des loyers bloqués de l’époque Nasser. Les stucs et l’art-déco tombent en ruine, l’ambiance est lente et décrépie. Un décor de cinéma sépia.   Port-Saïd, de par son emplacement et depuis sa fondation a souffert de toutes les guerres, dont les deux dernières en 1967 […]

Aiman, l’Egyptien libéré

http://www.arteradio.com/son/615992/l_egyptien_libere/~cg616007:date_asc:1 Né dans une famille modeste d’Alexandrie, Aiman découvre très tôt les jeux de l’amour. Avec ses voisines, ses copains d’école, les amies de sa mère, il expérimente sans complexe mille et un plaisirs qu’il raconte avec verve à Inès Léraud. Chronique de la vie sexuelle d’un Egyptien d’aujourd’hui, sur ARTE Radio. Vous ne serez pas déçus… Deux saisons disponibles… deux fois 40 minutes de plaisirs et de frustrations… Enregistrements : printemps-été 2011 Musique originale, mise en ondes & mix : Samuel Hirsch Entretien & montage : Inès Léraud

Le sens du partage

En mars 2007, ma mère et moi sommes allées au Caire voir ma sœur qui y avait passé l’année. Ensemble, nous avons visité la ville et en particulier les mosquées car notre maman en raffole. D’ailleurs elle évoque en moi, tendrement, l’image d’une «grenouille de bénitier » ou plutôt d’une grenouille de fontaine à ablutions. Donc après la visite d’El Azhar, sous un soleil sec, nous sommes allées à La mosquée d’El Hussein. Fatiguées, ma sœur et moi nous sommes assises sur des marches à l’entrée et avons laissé mère finir seule son tour. Profitant des retrouvailles, je discutais avec ma sœurette de choses et d’autres, le genre de choses […]

L’enterrement dans quatre jours

William va avoir trente ans, il travaille dans le social à Marseille. Il a vécu toute son enfance en Nouvelle-Calédonie. Il m’a raconté cette histoire de deuil: Quand ma grand-mère meurt, nous sommes à Nouméa. Mon père se débrouille pour dégoter des places d’avion. L’enterrement est tendu. Le reste de la famille nous reproche de ne pas avoir donné de nouvelles, de ne pas s’être occupé d’elle. Le repas de famille est très désagréable. Mon père et son frère s’insultent. Un froid qui restera des années dans la famille. Plus tard, après quelques années d’étude en France, je suis de retour en Nouvelle-Calédonie. J’ai choisi mon terrain de maîtrise en […]

L’enterrement dans quatre jours

William va avoir trente ans, il travaille dans le social à Marseille. Il a vécu toute son enfance en Nouvelle-Calédonie. Quand ma grand-mère meurt, nous sommes à Nouméa. Mon père se débrouille pour dégoter des places d’avion. L’enterrement est tendu. Le reste de la famille nous reproche de ne pas avoir donné de nouvelles, de ne pas s’être occupé d’elle. Le repas de famille est très désagréable. Mon père et son frère s’insultent. Un froid qui restera des années dans la famille. Plus tard, après quelques années d’études en France, je suis de retour en Nouvelle-Calédonie. J’ai choisi mon terrain de maîtrise en anthropologie à Ouvéa, dans la tribu des […]