Amours clandestines

 » (…) Ariane, la vive, la tournoyante, l’ensoleillée, la géniale aux télégrammes de cent mots d’amour, tant de télégrammes pour que l’aimé en voyage sût dans une heure, sût vite combien l’aimante aimée l’aimait sans cesse, et une heure après l’envoi elle lisait le brouillon du télégramme en même temps que lui, pour être avec lui, et aussi pour savourer le bonheur de l’aimé, l’admiration de l’aimé.  » A. Cohen – Belle du seigneur Avoir un jour treize ans à Tripoli. Fin des années soixante-dix. Antichambres d’adolescentes. Verrouillées. Cloîtrées. Jeunes femmes en devenir. Surprotégées. Papillons cachés derrière des volets clos. Il fait très chaud en ce mois d’Août tripolitain. Ecrasée […]

Une balade névrosée à Beyrouth

« Nous avons inventé le bonheur », diront les derniers hommes et ils cligneront de l’œil. » Friedrich Nietzsche C’est presque un matin de Printemps comme tous les autres. Louis Armstrong à la trompette couvre les klaxons. C’est si bon, lovers say that in France when they thrill to romance it means that it’s so good. C’est si bon. Il est 8h45 sur la route vertigineuse de Mkalles. Une piste noire sans balises. On roule sur trois voies en file indienne. Ceux qui nous croisent dans l’autre sens n’ont aucune chance. My darling c’est si bon. Ils sont obligés de se serrer, se coller, se frôler. Tôles sauvées. In extremis. […]

Un tour du monde en croiseur

Il était l’année 1956, et arrivé le 1er septembre, les 95 élèves de la quatrième année de l’Académie  Naval de Livourne, s’embarquaient sur le croiseur Raimondo Montecuccoli. Généralement la croisière que font les élèves se réalise pendant l’été, mais cette année l’Italie devait envoyer un navire de représentation aux Jeux Olympiques de Melbourne. Après la cérémonie officielle la traversée prenait début. Le premier port où le croiseur s’arrêtait pour ravitailler fut Port Saïd (Égypte), ensuite ils passèrent par le canal de Suez. Là-bas, à cause des pressions diplomatiques, tout le monde était aux postes de combat, l’alerte rouge était activée à bord. Heureusement rien ne se passa. Finalement, ils arrivèrent […]

Une histoire à coucher dehors

Pathos. Encore un récit qui va faire dans le pathos. Certes, le sujet est poncif et sous un certain angle que je renie pas miséricordieux. Miséricorde pourtant sincère et profondément voire organiquement ressentie. C’est donc avec ce qui me reste de vivant et d’humain au fond du ventre que je vous livre ma rencontre avec ce petit garçon dont le nom m’est encore étranger. Aix-en-Provence, la belle bourgeoise, élégante, distinguée, aux allures nobles et enlevées. A Aix, on se sent en sécurité. On le sait et on ne peut que le constater, les marginaux n’y sont pas les bienvenus, les sans abris non plus et les communautés tziganes roumaines n’en […]

Le couteau volé

En septembre 1984, après plusieurs années au Vénézuela, puis à Montpelier, j’ai passé un concours d’alto pour travailler à l’OBC (Orquestra symfònica de Barcelona i nacional de Catalunya), et ayant gagné la place, je me suis installé dans un attique rue Bailén. Le lendemain matin de l’aménagement, j’ai remarqué qu’à l’aide d’un simple escabot je pouvais monter depuis mon balcon sur la terrasse du bâtiment. La vue de Barcelone était spectaculaire depuis cette hauteur vertigineuse… J’ai contemplé pendant longtemps les édifices à perte de vue. Vers midi, j’étais redescendu et je préparais dans la cuisine des patates sautés, occupé à esquiver les jets d’huile qui éclaboussaient de partout. Malgré les […]

Une baston à Marrakech

Mehdi avait 8 ans lors de son premier grand voyage au Maroc, un voyage qu’il n’oubliera jamais. Il est parti avec toute sa famille, pendant les vacances à Marrakech, une des villes préférées de ses parents. L’endroit était bien choisi car c’est dans le fin fond de Marrakech que Mehdi à assister à un spectacle peu commun pour les touristes habituels.. Un soir, après une journée fatiguante de visites dans Marrakech et ses alentours, la famille de Mehdi se décida enfin à rentrer à l’hotel. Ils décidèrent pour changer du retour habituel de faire une course. «  On va faire gars contre filles, c’est-à-dire Neïla, Sarah et moi contre Mehdi […]

Rencontre en haute altitude

Hélène avait une vingtaine d’années, grande et brune, cadette d’une famille modeste elle s’occupait de sa petit sœur, cancre puis médecin, féministe avant l’heure, elle aimait faire des randonnées à ski. Un jour, Marie-Rose, une amie d’enfance, lui proposa une randonnée de deux jours avec une nuit en refuge dans les Alpes. Elles iraient avec des amis à elle. Le jour dit elles arrivaient à un petit village de Savoie, Aime. Au pied de la montagne enneigée, elles sortirent leurs skis, leurs peaux-de-phoques, leurs sac-à-dos et leurs sacs de couchage. Le mari de Marie-Rose et son ami, Jacques, arrivèrent. Il était pas mal, mais trop petit se reprit-elle bien vite ! […]

Le lait empoisonné

En 1950, à l’Est de l’Algérie, à la campagne , un voleur se cachait derrière une roche et fixait une grande maison, dans celle-ci habitait une très grande famille, cette famille avait une ferme où ils élèvent des moutons,des vaches et des chèvres . Le voleur en question voulait voler des moutons, deux plus précisément . Pour accomplir sa mission il vint un après-midi et se cacha dans la ferme attendant que le jeune homme ayant pris les moutons en promenade revienne . Pendant ce temps d’attente il vit une femme extraire du lait d’une vache dans un seau et le mettre dans un coin sans le couvrir . Quelques […]

Dangers ?

Nous n’avions pas pensé autre chose, mes amies et moi, que d’aller en interrail au mois de Juillet au Nord de l’Inde. On était en Calcutta quand on pris un train à Baranasi qui supposait 7 heures dans un train plein de cafards ,dans des toilettes où l’on ne peut pas rentrer et un matelas qui était notre lit. Ce fut une nuit très longue. On arriva à Baranasi avec des sac-à-dos qui pesait 15 kilos, une température de 34 degrés et une humidité du 90%. La gare de Baranasi était pleine de gens. Des gens qui couraient, mangeaient, chantaient, criaient, dormaient. On était extrêmement fatiguées et nous voulions arriver […]