Atelier d’écriture numérique

En 2013 – Avec les collégiens de la ville de Paris – 5 classes concernées

Collecter et restituer des histoires vraies

Note d’intention de l’auteur

Le projet de cet atelier numérique, malgré l’idée très simple qui consiste à demander aux proches (grand-parents, oncles, voisins, etc…) de raconter aux élèves une histoire marquante, met en œuvre un processus de collecte-restitution qui n’est pas sans ambition.

L’idée est bien que chaque étudiant fasse de A à Z une expérience de création littéraire (voire de création artistique au sens large) qui consiste d’abord à se poser la question de la source, de la matière première à partir de laquelle on fait de la littérature, puis à résoudre la question de la forme : comment je restitue, comment je montre ou fais entendre l’histoire qu’on m’a confié, quel style employer.

Un parcours riche de défis de différentes natures qui à mon sens permettra aux étudiants de développer de nombreuses compétences, littéraires mais pas seulement.

Il s’agira d’abord de se poser la question de ce que peut être une histoire vraie, ces deux termes qui sonnent comme un oxymore. Définir le sujet, reprendre ce qu’en disait Paul Auster dans la préface de son livre, True tales of American life : « quelque chose de court, avec un début et une fin, qui paradoxalement ressemble plus à la fiction qu’à la réalité ».

Les élèves, ensuite, tels de petits reporters, iront collecter des histoires vraies auprès de leurs grand-parents ou autres personnes proches. Il s’agira de se demander comment faire, concrètement, pour collecter des histoires vraies : quels outils (enregistreur, téléphone, appareil photo faisant vidéo, carnet…), comment aborder les gens, ce que l’on va leur dire ou ne pas leur dire afin qu’ils se sentent libres de raconter l’histoire de leur choix et qu’ils ne racontent pas toute leur vie (un véritable travail de terrain, au sens anthropologique).

La matière ainsi collectée, ils se retrouveront en classe pour raconter oralement, à leur façon, leurs histoires, et se les faire écouter. Ils les analyseront et les commenteront avec leur enseignant, et éliront les trois quatre ou cinq histoires les plus fortes, les plus émouvantes.

Ces histoires seront enfin retravaillées par l’ensemble de la classe, selon les lois de la dramaturgie classique (les trois parties, introduction, développement, conclusion) afin d’aboutir à des textes littéraires qui seront publiés sur le site internet, et soumis à l’auteur, qui élira avec les enseignants ses trois préférées.

Tout au long de ce parcours initiatique proche de l’artisanat de l’écriture, un certain nombre de questionnements plus théoriques, autour de la notion de vérité et de réel, seront abordés, afin que les élèves puissent étendre l’exercice concret à cette problématique plus globale : comment regarder le monde aujourd’hui.


Déroulé de l’atelier de collecte-restitution d’histoires vraies

Novembre (date à préciser) : rencontre avec les enseignants
Publication de la 1ère consigne : Pour vous, qu’est-ce qu’une « histoire vraie » ?
Décembre : Début de la récolte et mises au point (rencontre avec les classes)
Publication de la 2ème consigne : comment faire pour collecter des histoires vraies ?
Janvier – Février : Phase d’écoute en classe des histoires vraies collectées
Publication de la 3ème consigne : quels sont les critères pour dire si une histoire vraie est intéressante ou pas ?
Mars : Publication de la 4ème consigne : Qu’est-ce que la vérité dans ces histoires ?
Avril : publication des textes sur le site internet
Publication de la 5ème consigne : quelle Histoire (avec un grand H) nous raconte ces histoires ?
Mai : les trois meilleures histoires récompensées. Événement ouvert au public et aux parents, en présence de l’auteur, qui mettra en scène le travail accompli durant l’année (textes, sons, vidéos).