Un soir je demandai à ma mère de me raconter son parcours migratoire, alors elle commença :
– » Tout a commencé à l’aube de mes six ans en 1983 quand, pour la première fois, j’arrivais en France en quittant mon pays d’origine : l’Espagne. Ma mère débarquait avec pour seul bagage ses trois filles, un divorce sous les bras et pleins de regrets d’avoir dû abandonner l’Espagne, ce pays qui l’avait accueillie en 1979 et qu’elle adorait tant.
Mes premiers pas sur le sol français du haut de mes six ans furent pour moi de grandes vacances. Mon innocence à ce moment là, ne me permettait pas de réaliser que ce beau pays qui était la France allait devenir mon pays de cœur.
Les premières années furent compliquées, ne connaissant pas la langue, j’ai dû me faire comprendre avec des mots d’enfant. J’ai essuyé des moqueries et le rejet des enfants à l’école, avoir une mère célibataire et être une étrangère me donnait double handicap.
A l’adolescence, quand il a fallu choisir entre la nationalité française ou la double nationalité j’étais perdue, j’aimais la France qui m’avait accueillie et d’un autre côté j’aimais l’Espagne qui m’avait vu naître. Et la je me suis posée une question : Quel est ton pays de cœur?
Et donc à mes dix-huit ans, j’ai décidé à part entière de prendre la nationalité française, ce pays qui pour moi est le pays de la liberté, laïcité et des droits de l’Homme, tout ce que j’ai transmis aujourd’hui à mes enfants : les valeurs de ce beau pays, la France. »