Un matin de 2004, il n’était pas bien, il était faible. Maman était en panique ; lui me disait de ne pas m’inquiéter, que tout irait bien. Je ne comprenais pas tout à vrai dire. Il se préparait comme tous les matins pour aller passer ces fichus examens. Maman m’accompagnait à l’école, j’étais au CE1 à cette époque ; ma sœur, elle, était en 3°. Toute la journée, j’étais frustrée, j’avais la gorge et le ventre noués mais j’essayais de ne pas y penser. A la sortie de l’école, je pouvais enfin souffler. Le soir venu, je ne vis pas papa. Ma mère m’annonça qu’il était à l’hôpital pour une deuxième greffe du rein, qu’il avait fait une rechute. Vous l’avez donc bien compris, ce n’était pas la première fois que mon père allait subir ce genre d’intervention. En 1990, il fut greffé pour la toute première fois. Il avait attendu trois longues années avant d’avoir un rein.
Pour cette fois-ci, les médecins disaient qu’il faudrait un miracle pour pouvoir trouver un donneur. L’attente fut longue, surtout pour mon père qu’on ne pouvait pas souvent voir. Il était branché à des milliers de tubes reliés à des machines. Il s’affaiblissait de jour en jour. Les médecins et même ma mère perdaient espoir.
[…]
6 mois s’étaient écoulés, et toujours rien…
Un beau matin, cela faisait déjà un an jour pour jour que tu espérais trouver un donneur, et enfin son foutu bipeur sonna !
Eh oui, mon père avait bel et bien un donneur. Ma famille et moi étions heureux ; mon père, lui, restait sans voix. On put lui faire la greffe de ce fameux rein.
Cela fait maintenant bientôt neuf ans que mon père a toujours ce rein. Il n’y a aucun souci, il se porte très bien en espérant que cela dure.