Nous voilà début novembre, l’hiver approche et en rangeant mes papiers digitaux dans mes boîtes à pixel je retombe sur ces notes prises à l’occasion des vœux du maire de Manosque en 2011, dans la grande salle de la MJC:

Le photographe officiel se casse la gueule juste à la fin du discours de la représentante du Conseil Municipal des Jeunes : écologie, téléthon, tombola. Oh ! Fait la salle. Elle n’a encore rien vu, car Jean-Paul Laudet, directeur général des services du personnel communal, costaud, décidé aux pires compromis, s’empare alors du crachoir-pupitre en plexi UMP:

Il y a dix ans, Monsieur le Maire, nous avons élaboré pour notre belle ville et sur votre volonté une stratégie sur trois périodes, trois trépieds, trois enjeux pour les manosquins, et aujourd’hui nous en sommes à la dernière.

Des gens toussent.

D’abord, premier trépieds, un développement maîtrisé : la restructuration des finances, grâce à notre nouveau bras armé : la Communauté de Communes. Nous avions imaginé ensemble cette première période en cinq ans, nous l’avons réalisée en trois. Il faut dire que l’ensemble des collègues se sont embarqués dans le bateau pour ramer dans le même sens.

Second trépied et côté développement : une course au développement. Passage du POS au PLU, puis la ZAC pour un aménagement maîtrisé. Le train sifflera trois fois, il fallait le saisir, et nous sommes fiers, objectivement, au terme de cette période, de pouvoir contempler un développement serein, non, plutôt même de qualité, face à la plus grave crise financière depuis cinquante ans. Et pour cela, nous habituer à dépenser moins, c’est-à-dire autrement. Dans le cadre de notre stratégie, qui n’est surtout pas à remettre en cause. Vivre ensemble pour nous veut dire faire ensemble, gérer, participer à la création. Pour ce, il nous fallait des services transversaux mais au service de la communauté de communes. Nous n’avons pas créé de nouveaux emplois, mais nous avons mobilisé toutes les troupes.

Des gens toussent sans comprendre.

La gestion contrôlée, c’est votre grand truc, monsieur le Maire. Les trois objectifs étaient bien : le passage d’un système de direction des ressources humaines à un système de pilotage des ressources humaines. Un contrôle de gestion qui sera torride, comme au départ. Les collègues pendant dix ans sous pression permanente et ils ont tenu, les enjeux ont été satisfaits, les objectifs atteints. Car nous sommes tous épris de deux grandes valeurs : qualité du service, défense de l’intérêt général.

Puis le maire adjoint, s’adressant à son maire et ami, Cher Bernard, après un petit clip vidéo des réalisations de l’année (des enfants qui vont à l’école, une crèche qui n’est pas fermée, un terrain de basket avec des cerceaux), de lister les moments forts : l’inauguration de la salle des fêtes, le skatepark, la pose de la première pierre du complexe sportif de la Rochette, etc… Enfin c’est le tour de Monsieur le maire, qui réinsiste avec humour sur les points essentiels de sa politique :

Plus de sécurité : un renforcement des effectifs de police municipale. J’ai toujours tenu à gérer cette ville comme on gère une entreprise : j’ai mon passé industriel, et je ne veux pas le renier. La mondialisation ne doit pas dissoudre notre particularisme mais au contraire nous conforcer, non, plutôt nous renforcer.

Chacun se lève une demi-heure plus tard, et se retrouve avec un verre de mousseux et trois chips dans chaque main.