Voici la bande-annonce de Grizzly man :

http://www.youtube.com/watch?v=ogYDUmIigw0

Ce qui m’intéresse particulièrement dans ce documentaire, outre le personnage fascinant de cet ex-surfeur, ex-drug-addict qui va jurer aux ours qu’il va les protéger, et que pour cela il sera pur et bon, qui leur parle pour les remercier d’être ses amis, c’est la voix off, le commentaire de Werner Herzog sur l’histoire vraie, c’est-à-dire l’italique entre la matière brute, telle que j’ai décidé moi de mettre en forme les histoires.

Le regard d’Herzog est totalement subjectif et sa présence active : il donne des conseils aux protagonistes du film : tu ne devrais pas écouter cette bande, dit-il à une ex très attachée à Timothy (il vient d’écouter les derniers moments de la vie Timothy, la scène non filmée mais enregistrée durant laquelle il est attaqué par un vieil ours affamé, et c’est pour lui insoutenable, il tremble, il pleure). Dans une autre scène, il prend carrément parti, contredisant Timothy : « là je ne suis pas d’accord avec lui. Pour moi la nature c’est la violence, le meurtre… » 

Dans le plus grand respect du personnage, qui le touche profondément, Herzog habite le film par sa parole, les questions qu’il se pose tout haut à mesure que l’expérience de faire le film se poursuit, qui interroge sa propre manière de concevoir l’existence. Le film est un véritable dialogue entre Timothy et Herzog. Un dialogue à égalité, un rapport humain, une rencontre entre deux individus. 

Peut-être la marche à suivre.