Voici le témoignage de mon père, Amara Benyounes qui relate un fait marquant de sa vie.

« Le 29 juin 1994, notre parti politique, organise une marche qui réclame la vérité sur l’assassinat du Président Mohamed Boudiaf, tué deux ans auparavant. Ce rassemblement regroupait des milliers de marcheurs dont de nombreuses personnalités telles que l’actuelle Ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi ou encore le célèbre chanteur engagé, Matoub Lounès, qui sera lui aussi assassiné en 1998 par les terroristes. La foule progressait sur le parcours fixé, quant arrivés au niveau de l’entrée de l’hôpital Mustapha, l’effervescence et les cris des slogans scandés avec ferveur, furent interrompus par une déflagration. Personne n’avait vraiment compris ce qu’il se passait ! Hébété, je regardais les gens courir dans tous les sens puis se diriger vers les blessés afin de leur porter secours. Il y avait, à mes côtés, Mme Toumi, blessée à la jambe qui eut la force de se relever. Je dirigeais les blessés à l’intérieur de l’hôpital qui, heureusement, se trouvait tout près du lieu de l’attentat. Peu à peu, je pris conscience que nous venions d’être l’objet d’un attentat terroriste des intégristes. Plus tard, l’on nous informa de la mort d’un camarade. Il n’était pas question d’abandonner là notre lutte. En hommage à Mohamed Boudiaf et aux sacrifices consentis par des milliers d’algériens, les manifestants qui avaient échappé à cette attaque, continuèrent cette lente progression vers la place Addis Abeba où devait prendre fin la marche. Ce fut une belle leçon de courage ! Une fabuleuse résistance à la barbarie islamiste s’installa dans tout le pays. Des hommes et des femmes avaient décidés de se battre pour une Algérie libre et républicaine. »

Yanelle Benyounes – Texte / Text
Histoire écrite en français / Story written in French