Je ne peux pas vous dire si c’était un des meilleurs jours que j’ai vécu ou le contraire. L’essentiel, c’est que ce jour-là a été et il restera gravé dans ma mémoire.
Toute la famille était là, mon père essayait de cacher les sentiments que ma mère n’était pas arrivée à cacher. Sa peur et son inquiétude, je les ai vues dans ses yeux – la pauvre. Les autres étaient en train de chuchoter entre eux, je savais que j’étais – moi – le sujet sur lequel s’articulait leur discussion. Le téléphone n’arrêtait pas de sonner, ma sœur était la standardiste. On avait reçu des dizaines d’appels, toutes ces personnes qui appelaient commençaient par cette phrase : « Salam, achnou dar weldkoum ? » (Qu’est-ce qu’il a fait votre fils ?)
Moi, j’étais sous une pression incroyable, malgré le fait qu’on avait des invités à la maison, je n’ai donné aucune importance à mon apparence. J’avais perdu des kilos au cours de la période qui avait précédée ce jour-là et à vous d’imaginer une personne maigre et en plus qui avait perdu des kilos !! J’étais assis dans un coin, sans rien faire, ni parler, ni réfléchir, je ne faisais aucune interaction, j’avais le cerveau bloqué, les regards de tous ces invités me piquaient, je les haïssais tous !
Le temps de la prière est arrivé et j’ai été obligé de partir à la mosquée parce que je cherchais un moment de paix et cette paix, je ne pouvais la trouver qu’à la mosquée. J’ai fait ma prière et j’ai prié Dieu de me donner ce que je voulais et ce que je souhaitais.
Je suis revenu à la maison, le mauvais climat que j’avais laissé avant de partir était toujours là. Soudain, le téléphone a sonné, mon père a répondu, l’appel a duré presque 20 secondes, et à travers ses yeux j’ai constaté que ce n’était pas un appel comme les autres… tout le monde attendait la nouvelle : « qui a appelé ? » et « qu’est-ce qu’il a dit ? » demanda ma mère. Mon père a répondu : « Salah Eddine a eu son bac ! ».

Salah Eddine Loudari – Texte / Text
Histoire écrite en français / Story written in French