Je me suis rendu hier dans l’école primaire du village d’Ezouaouine, à une quarantaine de kilomètres de Tunis, sur la route de Bizerte, pour lancer la collecte d’histoires vraies. 

Pour me souhaiter la bienvenue, les élèves de la classe préparatoire de Madame Samia Louati m’ont chanté une chanson: 

La classe préparatoire d’Ezouaouine (cliquer pour voir la vidéo)

Il faut savoir qu’Ezouaouine, m’expliquait sur le chemin le mari d’Amel, la dynamique et fort sympathique directrice de l’école, signifie littéralement: Il couine où, ce poussin? (Ezou, couiner, pépier, ouine, où)

Dans une classe

Les murs ont été illustrés récemment par un artiste de l'école des beaux-arts de Tunis

L’école est située dans la campagne à la terre fertile, la région d’Utique, où le président déchu Ben Ali faisait entretenir ses chevaux, qui étaient mieux traités que les humains: ils mangeaient des amandes et prenaient des douches. Monsieur Abderazzak Jemli, inspecteur des écoles et écrivain, m’a raconté cette histoire vraie que je mets de suite dans la bibliothèque.

Les enfants m’ont ensuite raconté l’histoire d’Ommek Tango, c’est-à-dire Maman Tango, un petit épouvantail que les enfants construisent et promènent dans le village pour réclamer que la pluie arrive. Ils vont de portes en portes, les habitants versent de l’eau sur Maman Tango et le soir si Dieu le veut il se met à pleuvoir.

Maman Tango, un rite qui date des Carthaginois qui vénéraient Tanit, le dieu de la pluie

Ils m’ont aussi raconté les histoires drôles de Jha (prononcer Jouhra), un héros imaginaire. Un jour Jha avait perdu son âne. Heureusement qu’il n’était pas dessus, il se serait aussi perdu!