Le barbu à Mille feuilles

Le barbu n’était pas là pour acheter des livres. Il a fait les gros yeux, s’est présenté comme un huissier-notaire travaillant pour la police, a menacé le patron de la librairie Mille feuilles et exigé qu’il retire de la vitrine de cette rue passante cet affront à la morale: Femmes au bain, de Jacques Bonnet, vendu 107 dinars. Le patron a déposé une main courante au commissariat. Les policiers lui ont assuré qu’ils connaissaient l’agresseur, et qu’il ne serait plus dérangé. Quelques jours plus tard, une femme a acheté le Jacques Bonnet. Et la semaine suivante, ayant appris l’histoire de son beau livre de peinture orientaliste, qui avait fait le tour […]