Le 5 octobre 1988, à l’université de Bab Ezzouar , ma tante devait avoir cours de chimie à 14h. Elle arrive devant le préau de la salle de cours accompagnée d’une de ses camarades de classe et remarque que l’endroit est absolument désert. Elles attendent un peu et le professeur sort de la classe et leur dit que si elles ne sont que deux, il refusera de leur faire le cours.
Elles décident donc de retourner à la cité universitaire où elles résidaient, et qui se trouve à 15 km de là. Elles arrivent donc au parking où elles sont sensées prendre le bus. Cette fois encore, la place est complètement vide. Soudainement un bus apparait , et une foule immense provenant du bus envahit la place et des phrases volantes disait « c’est la guerre je vous dis !! ». Alors le chauffeur de bus se faufile dans la foule et annonce qu’il ne prend que les filles pour le sens inverse. Ma tante n’aillant rien a perdre décide de monter dans le bus. Une fois les filles installées, le chauffeur leur annonce une nouvelle un peu fâcheuse… il leur dit qu’il ne pourra les accompagner que sur la moitié du chemin. Il ne leur assurera donc que 7km de route, ce qui est déjà pas mal.
Effectivement, le chauffeur s’arrête au milieu du chemin, en plein virage et abandonne ses passagers au milieu de la route. Il ne leur restait plus qu’à continuer à pied. Sur la route, elle passe par un village complètement saccagé. Pas une fenêtre ne disposait de vitre, les construction était quasi démolies. C’est là qu’un groupe d’insurgés apparait et menace le groupe de jeunes filles en leur demandant de rejoindre une cause qui est la leur, qui les a poussé au tout casser. Ma tante et ses amis refusent et tracent sans se poser de question. Les enfant présents dans le groupe de manifestants lancent des bouts de verre sur le groupe de jeunes filles. Ma tante a couru le plus vite qu’elle a pu. Elle reçoit un bout de verre au niveau de l’arcade sourcilière mais ne fait pas attention au sang qui coule.
Le groupe de manifestants décide de les abandonner. Elle arrive donc à la cité, et à ça grande surprise, l’armée algérienne est postée aux entrées de la cité. Le chef de troupes leur dit de préparer leur affaires dans les 24h et d’évacuer les lieux.
Le lendemain matin, elle décide d’appeler sa mère qui est à ce même moment à Béjaia qui ce trouve à 230 km d’Alger. Elle se dirige vers une cabine téléphonique, met une pièce de monnaie, et là une dame répond immédiatement, avant même d’avoir composé le numéro et lui dit de raccrocher sur le champ. Elle raccroche et réessaye de recomposer le numéro et la même dame répond et lui redit la même chose. Sur le coup, prise de panique, ma tante ne sait plus quoi faire. Alors son amie lui propose de l’accompagne jusqu’à Delys, qui est une ville plus proche de Béjaia. Elle accepte.
Après avoir fait le trajet jusqu’à Delys, elle passe la nuit chez son amie histoire de prendre un taxi le lendemain pour rentrer a Béjaia.
Manque de bol, le même phénomène éclate à Delys et à Béjaia et elle ne peut donc pas renter, et ce phénomène s’avérait être l’état de siège en Algérie. Le peuple tout entier c’est révolté contre l’état à cause de la cherté de la vie, ce qui semblait anormal pour un pays aussi riche en ressource naturelles, et l’état à « lâché » l’armée sur le peuple, ce qui a causé de centaine de mort en Algérie.

Samy Harani – Texte / Text
Histoire écrite en français / Story written in French