Il y a soixante ans, dans une petite ville de Kabylie nommée Tizi-Ouzou, un vieil homme avait inscrit son fils unique, Akli, âgé de six ans, chez les scouts. Celui-ci était le plus jeune garçon de la colonie qui avait pour chef, un jeune homme de dix-huit ans nommé Cherif, il était l’exemple, celui à qui tout le monde voulait ressembler

Un beau jour, pendant que le chef de la troupe nettoyait son arme, Akli s’amusait avec deux ou trois de ses camarades et comme ils étaient trop bruyants, le chef pointa son arme vers eux pour leur dire de cesser leurs enfantillages, mais il fit un geste brusque et sans faire exprès, appuya sur la gâchette le son perfora les oreilles, les cœurs cessèrent de battre, et dans un silence des plus assourdissant le petit garçon s’écroula à terre, il l’avait tué d’une balle partie d’un jeu …
Le jour même, le chef annonça la mauvaise nouvelle aux parents du jeune défunt et promis au père que quoi qu’il arrive, il serait toujours là pour venir en aide auprès de la famille car il était profondément rongé par la culpabilité et le remords. Il ajouta qu’il était particulièrement et sincèrement confus de ce geste qui couta la vie à leur fils unique.

Les années passèrent et les parents d’Akli eurent beaucoup d’enfants, dont un : Omar, qui s’intéressait beaucoup à la littérature. Et un jour, celui-ci tomba sur un livre où l’ancien chef scout, cela faisiat longtemps qu’il n’avait pas entendu parler de lui le temps avait refermé cette blessure si douloureuse, avait écrit ses mémoires et où il racontait son passé chez les scouts. La première chose qu’Omar remarqua, c’est qu’à aucun moment, l’auteur n’avait parlé du meurtre qu’il avait commis, ce qui toucha le jeune garçon qui répéta tout à son père et qui, lui aussi, fut déçu que le chef ne veuille pas avouer son acte fatal.

Plusieurs année après, en 2009, Omar, qui était à présent marié et avait deux filles, visita une villa non loin de chez lui pour, pourquoi pas y habiter. Et comme par hasard, il apprit que la propriétaire était la fille du fameux chef, qui était maintenant décédé depuis un bon bout de temps. Omar demanda à la jeune fille si elle était au courant du passé de son père et celle-ci était persuadée qu’il se trompait de personne et ne le croyait absolument pas. Mais l’homme insistait, en disant qu’il était pratiquement sur de ce qu’il annonçait. La jeune fille après quelques minutes commença à douter et appela sa mère. Celle-ci était tout aussi choquée que sa fille et dit à Omar qu’il devait probablement se tromper de famille.
Mais après quelques heures, l’homme réussit à convaincre la vielle dame et sa fille qui étaient aussi choquée l’une que l’autre. La vielle femme jura qu’elle ne pardonnera jamais à son mari de lui avoir caché un aussi lourd secret durant toutes ces années.
On est toujours là a se moquer de nos parents car on trouve qu’il nous couvent trop et bien moi je parle en connaissance de cause car Omar est mon père et Akli un oncle qu’on m’a pris …

Yamilé Zemirli – Texte / Text
Histoire écrite en français / Story written in French