Mercredi 21 Mai 2003, je suis en première année au lycée et là je suis en pleine période d’examens. Demain j’ai composition de mathématiques.
J’habite au 3éme étage, avec mes parents et mes sœurs on se partage un F3 mais on se réuni toujours dans une seule pièce pour voir la télé.
18h, j’été en face de la télé avec ma maman et mes sœurs comme d’habitude, pour suivre le journal en langue Kabyle sur l’ENTV. Le journal terminé on nous annonce le programme de la soirée : « Le plus grand tremblement de terre » film américain mais là il va passer en français avec quelques censures des scènes jugées « osées » ; ça ne fait rien, c’est même mieux !on pourra regarder le film à l’aise sans être sur ses gardes avec le doigt sur la télécommande pour être prêt à zapper au moindre bisou.

J’aime bien les films américains sur les catastrophe naturelles, même s’il y’a toujours l’acteur principale qui est le héros et qui sauve in-extremis sa famille, ses amis ou bien qui bravent les dangers de la tempête, de l’avalanche ou de l’ouragan mais réussi à s’en échapper de la mort. Ah ces américains !

Bref, le film va commencer à 22h après le match de foot donc là il faut vite que je finisse de réviser mes mathématiques.
19h44, je suis assise sur mon lit entrain de résoudre quelques exos de math, ma sœur Djamila travaille sur l’ordinateur.
19h45, mon lit commence à bouger fortement, j’ai regardé ma sœur et comme un reflexe on a regardé toute les deux la lampe de la chambre ; on vient de réaliser que c’est un tremblement de terre. Vite, vite il faut se protéger la tête on s’est mise sous le bureau. Tout l’appartement bougeait, je me suis blottis contre ma sœur, la terre tremble encore, j’entends des bruits, les vitres sont cassées, les bibelots dans le couloir font un bruit énorme en tombant. Mes deux autres sœurs sont dans l’autre chambre, maman et papa dans la cuisine. Moi et Djamila la tête sous le bureau entrain de dire la Chahada (il n’y a de dieu que dieu et Mohamed est son prophète). J’ai peur de mourir ensevelis sous les gravas, et si le bâtiment cède ? Je ne sais pas à quoi penser tous mon corps tremble.

Ça diminue d’intensité, ça y’est, c’est fini la terre ne bouge plus Hamdoulah !!! On est encore vivant.

Je sors de la chambre avec Djamila, le temps de voir si toute la famille va bien hamdoulah !rien de grave.
Dans le couloir des débris de verre, le miroir du hall d’entrée est cassé en mille morceaux, la porte du placard est ouverte et toutes les affaires rangées sont parterre. C’est pas le moment de ranger, là il faut sortir, je ne veux pas être ici s’il ya une réplique.

Dehors il y’a tous les voisins du quartier !voilà le voisin du 4éme étage, je me demande comment il a fait pour être dehors en premier. Celui du 5éme est sorti en pyjama, sa femme en short !c’est vrai qu’avec la frayeur qu’on a eu, ne pas sortir nu c’est déjà ça ! Petit à petit tout le quartier se remplit de ses habitants. Après la peur le soulagement !!!On est vraiment vivant.les batiments sont fissurés mais il n’y a pas d’effondrement.

C’est l’heure de la prière d’El Maghreb (le coucher du soleil), papa nous a dit que la mosquée était pleine, sa coure aussi, beaucoup ont accomplie leurs prières pour la première fois. C’est fou comme on se sent très petit devant la force de la nature et comment on se remet à dieu dans ces moments là.

La nuit du mercredi à jeudi, tout les habitants du quartier ont passé la nuit à la belle étoile dont ma famille, sauf quelques courageux ou imprudents qui ont voulu regagné leurs domicile.
La frayeur passé, je me plaisais bien dehors en sécurité avec tous ces gens que je ne connaissais pas et qui sont là entrain de discuter de tout et de rien comme si tout le monde se fréquentait depuis longue date.

Cette nuit là, on a fait connaissance avec tous les habitants du quartier, par exemple on a su que le voisin du bâtiment d’en face est médecin et sa femme est enseignante au lycée et ils on 03 filles, on a trouvé que les voisins du 5éme étage étaient très sympathique, ceux du 4éme ont de la famille dans notre village natale, on ne le savait pas avant, c’est vrai que d’ordinaire on discute pas aussi longtemps avec les voisins, juste bonjour-bonsoir si on les croisent dans la cage d’escalier ou au marché, sinon chacun chez soit et c’est tout.

Le lendemain, on a vu à la télé qu’à Boumerdès et précisément à Zemmouri, l’épicentre du séisme, 2300 personnes ont péri sous leurs bâtiments effondrés et plusieurs personnes ont été blessées.
Quant à la télévision Algérienne elle n’a plus jamais diffusé le film Américain « le plus grand tremblement de terre ».

Zaklyn – Texte / Text
Histoire écrite en français / Story written in French